Article du 03/10/2008 à 09:00
Des éoliennes en mer très convoitées
La filiale française du groupe allemand WPD et le groupe lyonnais Maïa power souhaitent tous deux construire un parc éolien offshore dans le Calvados.
Deux groupes, dont un allemand, veulent construire un parc d'éoliennes en mer au large des côtes du Calvados.

La Basse-Normandie pourrait accueillir dans les prochaines années un parc éolien offshore, c'est-à-dire implanté en pleine mer, à environ 10 kilomètres des côtes du Calvados. Une perspective qui apparaît d'autant plus probable que deux projets concurrents sont en lice. Après celui de la filiale française du groupe allemand WPD, spécialisé dans les énergies renouvelables (La Manche Libre du 22 février 2008), un second projet est présenté par le groupe lyonnais Maïa - spécialisé dans l'ingénierie et la construction - à travers sa filiale énergie, Maïa power.

Une implantation dans la baie de Seine

L'intérêt manifesté pour l'éolien offshore vient d'un constat simple : les objectifs officiels sont d'atteindre à l'horizon 2015 une production de 17 000 mégawatts d'origine éolienne, dont 4 000 mégawatts provenant d'éoliennes offshore. Or, jusqu'à présent, la production de ces dernières est inexistante.

Si le projet de Maïa est moins avancé que celui de WPD, c'est, en dehors de la nationalité, le seul aspect qui le distingue vraiment de son concurrent. Comme pour celui-ci, il est prévu d'implanter ce parc, en raison de caractéristiques physiques favorables, dans la baie de Seine, au large des communes calvadosiennes de Port-en-Bessin, Arromanches-les-Bains et Courseulles sur Mer. Une zone qui tient compte de contraintes diverses liées au trafic maritime, à la pêche, au raccordement électrique et à la nécessité de respecter visuellement les sites historiques du Débarquement.

600 millions d'euros d'investissement

L'importance du parc, dictée par des conditions de rentabilité, est la même : 50 éoliennes de 100 mètres de hauteur, d'une puissance de 5 mégawatts chacune. Ce qui représente au total, souligne Maïa, la consommation électrique, hors chauffage, de plus d'un million d'habitants. Dans les deux cas, les machines seront distantes entre elles de 800 mètres, de façon à n'empêcher ni la manoeuvre des navires ni la pêche.

A ce propos, aussi bien WPD que Maïa insistent sur les contacts étroits entretenus avec les élus et les comités régional et local des pêches. Et ce ne sont pas les arguments économiques non plus qui semblent pouvoir départager les deux concurrents. Même si le groupe allemand prévoit la création de 30 emplois pendant la durée de vie du parc, contre 20 pour son homologue français. Dans les deux cas, l'investissement annoncé se monte à 600 millions d'euros et les retombées financières dues à la taxe spéciale sur les éoliennes en mer sont identiques, la puissance des deux parcs étant la même. Les communes littorales et le fonds départemental pour les activités maritimes recevraient chacun 1,5 million d'euros par an.

Dans ces conditions, quels sont les avantages qui pourraient faire pencher la balance dans un sens ou dans un autre ? WPD a pris de l'avance sur son concurrent dans les différentes étapes préalables au début des travaux, particulièrement celle de l'étude d'impact. Ce groupe pense donc, si tout se passe bien, inaugurer le parc à la fin 2011. Maïa, lui, a fixé cette échéance à la mi-2013.

Cependant, les arguments décisifs pourraient se trouver ailleurs. WPD met ainsi en avant sa qualité et son expérience de spécialiste des énergies renouvelables, avec notamment la construction en cours du premier parc éolien offshore d'Allemagne, en mer Baltique. Le groupe lyonnais n'a pour l'instant pas d'autre projet de parc éolien offshore à son actif, à la différence des parcs terrestres avec 5O éoliennes en fonctionnement, 30 en construction et 170 en commande.

Mais il souligne que le projet de parc offshore du Calvados "représente pour la France un potentiel d'innovation et de développement de techniques et de compétences nouvelles (...) qui feront évoluer nos entreprises et permettront d'exporter un savoir-faire industriel français sur l'ensemble des mers du monde."

 

REPERES

■ La Haute-Normandie aussi

La Haute-Normandie a précédé la Basse-Normandie dans la voie des parcs éoliens en mer. Dans cette région a en effet été lancé, à Veulette, un projet de parc comprenant 21 éoliennes, situées à 6,7 kilomètres des côtes. Sa voisine l'emporte du moins par l'importance de son propre projet.

■ Récifs artificiels

L'assise des éoliennes que veut construire le groupe Maïa est conçue pour pouvoir servir de récifs artificiels. Ces derniers seraient des abris pour certaines espèces de poissons qui s'en serviraient pour les coloniser ou se reproduire. Un phénomène qui a été constaté avec les épaves du Débarquement.

 


L'implantation est prévue au large d'Arromanches et de Courseulles.
Les dépêches
Le dossier
Du temps à soi. Du temps pour ses petits-enfants. l'âge de la retraite ouvre de nouveaux horizons, de nouvelles occupations. En prenant le temps de vivre.