
Samedi 4 octobre, se tiendra l'assemblée générale de l'Association des maires de la Manche. Son président, Claude Halbecq, premier vice-président du Conseil général de la Manche - maire de Roncey, et son conseil d'administration ont décidé d'aborder cette année un thème d'information : l'INSEE et le recensement de la population.
Un turn-over conséquent
Dans la Manche, les élections municipales de mars dernier ont entraîné le renouvellement de plus d'un tiers des maires. De fait, la longévité de leurs "mandats" s'atténue sensiblement alors que leur âge moyen augmente.
Une proportion croissante de ces "magistrats" locaux commencent leur "carrière" à l'âge de la retraite, notamment dans les communes relativement importantes, où il y a beaucoup à faire et où il devient impossible de cumuler activité politico-administrative et activité professionnelle. Ce nouveau phénomène tend à limiter à un ou deux le nombre de leurs mandats. Le renouvellement de 2008 a également permis une féminisation (relative) de la fonction (voir repères).
La nouvelle assemblée générale des maires de la Manche va devoir élire son conseil d'administration. La composition de l'équipe sortante montre la place colossale occupée par les barons d'arrondissement ou de pays que sont devenus les conseillers généraux. Par exemple, dans l'arrondissement de Coutances, les cinq représentants des 130 maires sont tous des conseillers généraux ! Les réunions du conseil d'administration sont peu fréquentes. On en compte en moyenne deux par an. On y fixe la date, le lieu et l'ordre du jour de l'assemblée générale annuelle. On y sélectionne les voeux. On y désigne des maires pour siéger dans divers organismes, dont certains sont stratégiques. On y organise des rencontres à thèmes. On s'y retrouve entre amis, toutes tendances politiques confondues car l'association des maires de la Manche est pluraliste, toutes proportions gardées naturellement.
Attraper un chien dangereux
Traditionnellement les voeux des maires de la Manche ne perturbent pas l'ordre du jour très serré de leur assemblée annuelle. "Apolitiques", ces voeux portent rituellement sur l'octroi des permis de construire, la répartition de la taxe professionnelle, le stockage des ordures ménagères, la suppression des services publics en milieu rural, le stationnement des gens du voyage, l'implantation des lignes à très haute tension...
Il peut toutefois arriver qu'un maire s'interroge sur la manière de porter l'écharpe tricolore, sur le moyen d'attraper un chien dangereux en divagation à minuit, sur l'opportunité de sonner le tocsin après un avis préfectoral de coup de vent ou de chute de neige ou de chaussée glissante, sur les effets pervers du cumul des mandats.
En 2008, des voeux seront émis, non seulement pour une nouvelle approche de la décision politique, mais également pour une simplification des structures politico-administratives (communes, communautés de communes, pays, arrondissements, départements, régions...). Le préfet Fargeas n'a-t-il pas invité les maires et les présidents d'EPCI de la Manche à une autre pratique intercommunale sous la forme de regroupements de communautés de communes lors de leur université de printemps qui s'est tenue en juin dernier à Blainville-sur-Mer ? Il sera aussi vivement souhaité qu'il soit mis fin à la stupéfiante inflation des lois, qui atteint des proportions préoccupantes. Les maires ne savent plus ce qu'ils ont ou n'ont pas le droit de faire. Ne conviendrait-il pas d'en finir avec les lois-réponses à tout "sujet émotion" sorti "en direct" du JT de 20 heures ? Les maires considèrent qu'on légifère trop et trop rapidement. Très souvent, l'encre n'est pas encore sèche que la loi n'existe plus.
Michel Boivin
■ Nouveaux maires Près de 38% des maires manchois sont nouveaux. C'est la 3e fois consécutive que le taux de renouvellement est aussi élevé : 41% en 1995 et 39% en 2001. Le déclin des maires agriculteurs se poursuit (16,6% en 2008 contre 24,9% en 2001), tout comme l'ascension des maires retraités (41,8% en 2008 contre 36,3% en 2001). ■ La fonction se féminise Le nombre de femmes parmi les maires de la Manche est passé de 34 en 1989 à 53 en 1995, 77 en 2001 et 104 en 2008. Cette percée est lente et somme toute encore très faible : 17,3% des mairies manchoises sont dirigées par des femmes qui représentent pourtant plus de 52% de la population totale. ■ Direction de l'association L'association des maires de la Manche est dirigée par un conseil d'administration élu, composé de 30 membres à raison de cinq pour chacun des anciens arrondissements judiciaires de Cherbourg, Valognes, Coutances, Saint-Lô, Avranches et Mortain. Celui-ci élit ensuite un bureau exécutif de neuf membres. ■ Manque d'intérêt ou ignorance ? L'absentéisme est élevé lors des assemblées annuelles. Moins de la moitié des maires y assistent. Les maires honoraires sont les plus fidèles des assemblées générales et des banquets qui suivent. Pourtant l'Association rend d'importants services aux maires en matière d'information, de conseil juridique, de défense des intérêts des communes.