Article du 04/10/2008 à 09:00
Les Abattoirs de Sainte-Cécile ne manquent pas d'atouts
Les abattoirs de Sainte-Cécile du groupe AIM ont une capacité de 16 000 porcs par semaine et sont notamment dotés d'une unité de congélation d'une capacité de stockage de 700 tonnes.
Le groupe AIM de Sainte-Cécile, près de Villedieu, fait reposer son développement sur l'autonomie et l'enracinement régional.

En l'espace de quelques années, la carte des implantations d'abattoirs en Basse-Normandie a rapidement évolué dans le sens de la disparition des petits abattoirs de proximité, généralement trop peu rentables ou n'ayant pas les possibilités financières de se mettre aux normes européennes.

Il en a été ainsi des abattoirs de Cherbourg et de Vire, tandis que d'autres, comme celui de Villers-Bocage, connaissent de sérieuses difficultés. Cette vaste redistribution des cartes s'est aussi traduite récemment par la prise de participation majoritaire du groupe Bigard dans le capital du groupe coopératif Socopa, qui possède les abattoirs de Coutances.

Croissance de 8%

A la suite de cette dernière opération, Bigard est devenu le leader de l'abattage de porcs en France. Dans ce mouvement qui se déroule sur fond de concurrence très sévère, le groupe AIM (Abattoirs industriels de la Manche), dont le siège est à Sainte-Cécile, près de Villedieu-les-Poêles, entend bien tirer son épingle du jeu. Et pour son directeur général, Jean-Pierre Vincent, ce ne sont pas les atouts qui manquent.

Depuis que le groupement de producteurs de porcs manchois Cap 50 est devenu en 2003 l'actionnaire majoritaire des AIM, les évolutions se sont succédé sur fond d'une croissance de son activité qui l'an dernier a atteint 8% en tonnage. La production de viande (porcs, boeufs, veaux et agneaux) s'est ainsi élevée à 100 000 tonnes en 2007, dont 18 000 tonnes destinées à des marchés de proximité, 20 000 tonnes à la grande distribution et le reste à l'exportation.

La carte de la qualité

Le seul site de Sainte-Cécile, voué depuis son origine en 1956 à l'abattage de porcs, emploie 450 des 650 salariés du groupe.

Sur place, les quantités abattues ont atteint les 16 000 animaux par semaine, dont les deux tiers proviennent d'éleveurs bas-normands. L'outil de production a fait l'objet ces dernières années d'investissements conséquents avec, en 2005, la construction d'une plateforme de distribution de 1 500 m2 à Villedieu-les-Poêles pour le stockage de produits de négoce et de salaison.

L'année suivante, c'était la construction d'une unité de congélation d'une capacité quotidienne de 45 tonnes de viande, capable en outre d'en stocker 700 tonnes. A tout cela se sont ajoutés la réalisation d'une nouvelle boyauderie et le réaménagement de l'atelier de découpe.

Dans son fonctionnement, l'abattoir de Sainte-Cécile répond aux exigences actuelles de traçabilité. Ce qui va de pair avec une organisation destinée à répondre aussi bien aux demandes particulières d'un marché de proximité comme celui des bouchers, qu'à la demande de la grande distribution. A ce propos, Jean-Pierre Vincent souligne avec satisfaction que les AIM fournissent la plateforme régionale d'une de ses enseignes.

Cependant, pour son patron, la force du groupe vient aussi de son autonomie puisqu'il rassemble tous les métiers de sa filière, de l'élevage avec Cap 50 jusqu'à l'abattage, la découpe et les livraisons. Attachés à cette autonomie, les AIM le sont tout autant à leur caractère régional, sur lequel ils construisent leur image. Démonstration : "La distance moyenne pour apporter des porcs à Sainte-Cécile est de 80 km", tandis que le marché des abattoirs bas-normands comprend le Grand Ouest et une partie de la région parisienne.

Mais surtout, les AIM mènent une politique active de marques et jouent la carte de la qualité, sous forme par exemple de contrôles sanitaires internes pointus et de mesures destinées à éviter le stress des animaux.

Au point d'avoir obtenu pour certains de leurs produits le label de qualité normand "Bienvenue en Gourmandie".

Une distinction pourtant attribuée généralement à des produits issus d'une fabrication artisanale.

REPERES

■ 4 types de viande

Le groupe AIM produit quatre types de viande : le porc (1 600 animaux par semaine), le boeuf (800), le veau (600) et l'agneau (1 200). A cela s'ajoutent des négoces d'ovins, volailles et produits de salaison. Plus de 100 000 tonnes annuelles de viande sont commercialisées.

■ Cinq sites

Outre les abattoirs de Sainte Cécile, siège du groupe, les AIM possèdent quatre autres sites. Celui d'Antrain produit des viandes bovines et ovines, celui de Nogent le Rotrou fabrique et distribue des produits de viande bovine, les deux derniers sites sont ceux de Bernay et Saint Ebremond de Bonfossé, siège de Cap 50.

■ Cap 50

La coopérative d'éleveurs de porcs Cap 50 possède depuis 2003 62% du capital des AIM. Les autres actionnaires sont le groupe J-DIS et le groupe Glon.



"Notre force est de rassembler tous les métiers." Jean-Pierre Vincent, directeur général d'AIM groupe.
Les dépêches
Le dossier
Du temps à soi. Du temps pour ses petits-enfants. l'âge de la retraite ouvre de nouveaux horizons, de nouvelles occupations. En prenant le temps de vivre.