Prison ferme en appel pour celui qui avait roulé sur un corps
Le 19/11/2008 11:21:17
Tribunal de Caen
Trois ans après les faits et un an après un premier procès, la Cour d'appel de Caen a révisé le jugement du tribunal d'instance de Cherbourg et condamné Xavier Fonteille, un jeune homme de 23 ans originaire de la région de Quettehou, à de la prison ferme.
Le 9 octobre 2007, cet automobiliste de 20 ans avait été condamné à deux ans de prison avec sursis, l'annulation de son permis de conduire avec l'interdiction d'en repasser les épreuves avant un an et 750 € d'amende. Il lui était reproché d'avoir roulé sur le corps inanimé de Sébastien Endelin, un surfeur quinévillais de 31 ans, le 30 septembre 2005 vers 23 h. Pris de panique, le conducteur, qui se rendait en discothèque, au Moulin normand à Quinéville, avec trois amis, un majeur et deux mineurs, avait continué son chemin sans s'arrêter, traînant le corps du malheureux sur 400 mètres.
Les conditions de ce drame épouvantable sont particulièrement rocambolesques. D'un côté, un trentenaire qui quitte une soirée à pied, son amie lui ayant confisqué les clés de sa voiture parce qu'il avait bu. Il s'effondre en chemin, victime d'un malaise. De l'autre, quatre amis qui se réunissent et décident de rejoindre la discothèque par un chemin littoral pour éviter d'éventuels contrôles. "On a aperçu une ombre sur la route mais il était trop tard. Je n'ai rien pu faire", admettra le conducteur.
Ce que la Cour d'appel de Caen a souhaité souligner, c'est l'attitude des occupants de la voiture. Terrifiés, les quatre amis ont en effet choisi de continuer à rouler, de s'arrêter pour fumer une cigarette, de se rendre en discothèque, de revenir sur les lieux du drame après leur soirée, de rebrousser chemin à la vue des gyrophares et de taire cette histoire. Or, la victime est morte quelques minutes après avoir été écrasée. Xavier Fonteille avait été identifié, puis interpellé deux mois plus tard.
L'arrêt de la Cour d'appel a donc souligné que le jeune homme "a eu toute conscience de rouler sur le corps d'un être humain, de le traîner sous son véhicule. Il aurait dû avoir le sursaut moral de s'arrêter ou de prendre l'initiative d'en référer aux gendarmes sans tarder, ce qu'il n'a pas fait". La juridiction caennaise lui reproche même de s'être organisé pour "s'enfermer dans un mutisme concerté visant à laisser son forfait impuni. Ce comportement impose une réaction très ferme et exemplaire de la justice".
Sans antécédent judiciaire, Xavier Fonteille a écopé de 24 mois de prison dont 18 avec sursis, l'annulation de son permis de conduire avec interdiction d'en solliciter un nouveau avant trois ans et la confiscation de son véhicule.